Blog de tatieblues

Le blues du Québec, le blues musique!

Portrait: Michel Rochette (archive)

Est-ce qu’on peut qualifier un joueur de nouveau venu si ça fait 10 ans qu’il fait partie de la game? C’est pourtant l’impression qu’on a de Michel Rochette. Auparavant peu connu du public en dehors de son émission « Les 10,000 Blues » à CKIA FM, il a été plus présent depuis quelques années dans les festivals et bien présent, il le sera encore cet été puisqu’on a appris le 16 avril sa nomination à titre de  président d’honneur de L’Événement L’Île en Blues lors du lancement de la programmation 2009 au Pub Limoilou. Peu de gens connaissent le cheminement qui l’a amené au blues et pour remédier à cette situation (et satisfaire ma propre curiosité), je lui ai posé quelques questions afin de présenter ce « rookie », qui n’en est pas un, aux amateurs de Québec et d’ailleurs.

L’animateur des 10,000 Blues a eu, comme plusieurs, la révélation du blues à un moment bien précis de sa vie. Mais je n’en dis pas plus, au fil de mes questions écoutez-le conter l’histoire…
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Quel genre de musique écoutais-tu quand tu avais 15, 25, 40 ans?

En fait, si je développe une réponse au sens précis de ta question je te dirais qu’à mon adolescence, le premier album que je me suis procuré a été « Billion Dollar Babies » de Alice Cooper en 1974 suivi de près par un « best of » du groupe  Uriah Heep et « Aqualung » de Jethro Tull que j’avais entendu par l’entremise d’un moniteur du camp de vacances où j’étais à l’époque…l’été de mes 15 ans.

Au début de la vingtaine ce fut l’apparition dans mon univers de Supertramp, Styx, Yes, Genesis, Pink Floyd, Queen, Frank Zappa, Deep Purple et Led Zeppelin qui ont meublé d’innombrables heures de mon adolescence et qui font encore effet lorsque je suis en voiture ou à l’entraînement. En fait, je suis toujours demeuré fidèle à ces groupes rock malgré la cinquantaine qui arrive dans quelques mois. Sur ce fond de rock, j’ai suivi la mode des bars et discothèques, donc, je ne peux passer sous silence mon époque « New Wave » des années 80 au travers de mes innombrables soirées au prestigieux « Cercle Électrique » de Québec la mecque du rock à Québec.

Une fois la trentaine terminée, j’ai ouvert mon esprit à la chanson française, au classique, à l’opéra qui, soit dit en passant, me procure de beaux moments et de grandes émotions encore aujourd’hui.

-Quels autres genres de musique que blues et blues rock écoutes-tu maintenant?

Je prends beaucoup de plaisir à utiliser tous les genres musicaux selon le moment choisi. Par exemple, en voiture je me permets du rock bien pesant autant que de la musique classique. Si je m’arrête pour y penser, je peux quasiment certifier que la température y est pour quelque chose. Sous un gros soleil de plomb, j’aime bien quand ça « groove » alors que sous une petite neige fine j’apprécie la douceur. À la maison, une ambiance jazzée fera l’affaire tout autant que de vieux souvenirs francophones ou de grands airs d’opéra. Ma conjointe Marie m’a aussi ouvert les portes du vaste monde de la musique francophone au cours de nos 15 années ensemble ce qui m’a permis de faire de belles découvertes entre autres sur les émissions « Taratata » diffusées en France.

-Quel genre musical tu n’écouteras jamais?

La musique chrétienne ne m’intéresse pas du tout. Non pas à cause des mélodies, mais plutôt par le message véhiculé. Par contre, je ne rejette aucunement la vivacité du gospel.

-As-tu toujours côtoyé le blues, sinon quand et comment y es-tu venu?….

J’ai entendu le blues pour la première fois précisément à l’été 1977 alors que mon beau-frère de l’époque m’avait tendu un album intitulé « The blues…A real summit meeting ». J’y ai découvert Muddy Waters, BB King, Eddie « Cleanhead » Vinson, Big Mama Thornton et Jay McShann entre autres, en spectacle à Newport dans l’État de New York….mais surtout la découverte d’une autre dimension de la musique et de la nature humaine. J’ai aussi compris qu’Elvis Presley n’avait pas inventé le rock’n roll, il l’avait plutôt découvert.

-Quelle est ta première expérience marquante avec le blues? Un spectacle qui t’a marqué, une chanson en particulier, associée à un souvenir précis…un guitariste que tu aurais découvert…

Malgré un premier contact virtuel près de 15 ans auparavant, j’ai vécu le blues pour la première fois lors d’un spectacle, je crois que c’est en 1993 alors qu’un collègue de travail m’a recommandé d’aller voir BB King au Capitole de Québec. Lui, l’ayant vu à Miami la même année m’a assuré de la qualité du spectacle…et effectivement, la lumière fût! Depuis ce moment, un peu comme une femme enceinte voit des bébés partout, j’entendais du blues sans arrêt.

Dans la même année, un autre collègue m’a proposé Bryan Lee en cassette et depuis ce temps, j’en suis. D’ailleurs, je constate que la clientèle du blues à Québec est particulièrement nombreuse dans ma catégorie d’âge ce qui, en soit, est d’une importance capitale pour la survie du blues tel qu’on le connaît depuis plusieurs décennies…il faut renouveler cette clientèle, donc il faut aller au-delà des frontières habituelles du blues traditionnel et amener à nous les générations plus jeunes.

-Quand as-tu commencé à faire de la radio et pourquoi?….

Est-ce que tu avais de l’expérience dans le domaine avant de faire de la radio à CKIA? ….

Pourquoi une émission de blues? Un hasard de programmation? Pour remplacer quelqu’un?


À l’automne 1999, une personne de mon entourage avait une émission sur les ondes d’une radio communautaire de Québec (CKIA-FM 88,3) et l’opportunité de pouvoir y faire une émission de mon cru se présentant, j’ai décidé de tenter le coup. Je n’avais aucune expérience devant un microphone. Je devais présenter un projet et celui-ci a été accepté. L’émission « Tango à 3 » était née. Il s’agissait d’une émission d’une heure où je lisais des passages non censurés de livres érotiques assortis de musique de circonstance soit de long blues plutôt cochons. Passablement de succès en ces mercredis soirs 22 heures…

Quelques mois plus tard, l’animateur régulier de l’émission de blues du vendredi soir est passé à une autre station et on m’a offert de prendre la place. Depuis ce temps je suis en poste pour les 10,000 Blues chaque vendredi soir mais l’idée de reprendre le « Tango à 3 » me titille…

-Est-ce que tes émissions t’ont ouvert des avenues dont tu ne te serais pas douté avant de faire de la radio? Parle-moi de ta couverture du festival d’été et autres expériences que tu as faites en radio ou communication?

Je savais pertinemment que l’accessibilité au milieu artistique allait de pair avec ce plaisant travail bénévole. Il ne faut pas se le cacher, les collaborations avec les artistes, les producteurs de spectacles, les salles de spectacles, amènent un lot d’avantages lorsqu’il s’agit d’assister aux différents évènements.

Depuis 2003, et avec une belle équipe de la station CKIA-FM 88,3 de Québec, je fais la couverture au quotidien du Festival d’été de Québec. Une émission spéciale à tous les matins où l’on reçoit en entrevue les artistes de tous les continents qui passent entre nos murs. Des rencontres formidables qui nous aident à mieux comprendre les autres cultures et la vision qu’ils ont de nos habitudes de vies. D’autant plus que dans la plupart des cas, nous ne connaissons à peu près pas les artistes que nous recevons ce qui permet d’installer une dynamique absolument fantastique qui nous mène tout droit là où habituellement un interviewer ne va pas.

C’est un peu l’apprentissage d’une nouvelle profession « sur le tas » qui va me mener je ne sais où encore. S’il devait y avoir un côté plus noir, c’est que j’ai découvert dès le début que j’arrivais dans un milieu où les égos sont immenses et où la susceptibilité est continuellement en jeu. Je croyais bien naïvement avoir des appuis à gauche et à droite, un accueil à tout le moins poli du milieu pour bien faire un travail sur lequel je misais beaucoup mais il en fut tout autrement. J’ai compris que la fameuse « couverte », je devais la tirer de mon bord pour obtenir ce à quoi je crois avoir droit en tant que diffuseur du blues à la radio puisque la collaboration est inexistante à bien des points de vue et demeure fragile lorsqu’elle est présente.

J’ai choisi de demeurer « low profile » et de m’amuser à faire jouer le blues que j’aime, ma sorte de blues qui rock et qui frappe fort. Il n’y avait ce genre de blues sur aucune des stations vers lesquelles je me suis tourné pour valider mes choix alors j’ai adopté le créneau disponible du Blues/Rock, du Southern/Rock, du British/Blues et des vieux classiques du rock des années 60 et 70. Voilà ce qui a forgé les « 10,000 Blues » de CKIA-FM 88,3. Au fil des années j’ai pu rencontrer des personnes dévouées à la cause qui ont bien voulu me faire confiance et de qui j’apprendrai certainement les principaux rouages du milieu. Ce qui devrait mener à de beaux et grands projets au cours des prochaines années.

-Tu est aussi présent sur le Web: ouverture d’un profil Myspace, reportages et émission sur des sites internet etc. Quelles sont et quelles ont été tes collaborations sur Internet puisque ce médium de communication est devenu un incontournable?….

J’ai collaboré quelque années au sein de différents sites Web par des articles sur des spectacles, des albums et même faisant état de mes opinions. À une époque, je croyais devoir m’associer à une certaine catégorie d’intervenants par mesure d’efficacité et de visibilité et j’ai constaté rapidement l’inutilité de se soumettre à ce régime pour promouvoir le blues. J’apprends à connaître l’envers de la médaille et à cibler les indésirables du milieu que je garde loin de mon environnement immédiat.

Par contre, j’ai eu de belles collaborations et j’en ai toujours aujourd’hui ce qui me fait apprécier ceux qui maintiennent leurs idées malgré les remous qu’elles peuvent causer. Ce sont des personnes pour qui j’ai un profond respect parce qu’elles se respectent elles-mêmes dans ce qu’elles font et ce qu’elles sont.

Je produis une émission de blues en France sur W3 Blues Radio depuis maintenant deux ans de même qu’une collaboration spéciale sur Zicazic.com pour des reportages et entrevues lors d’évènements majeurs ayant lieu à Québec. J’adore travailler avec ces gens d’outre-mer qui m’apportent une belle satisfaction professionnelle, une démonstration d’ouverture et de compréhension…

-Je me sers beaucoup de Myspace pour me faire une idée d’un artiste, comment analyses-tu la manière dont les phénomènes Facebook et Myspace ont changé l’interaction entre les musiciens, les diffuseurs et le public?  Est-ce que ça augmente vraiment l’intérêt du public ou bien tout ça ne reste que virtuel et les gens ne se déplacent pas plus pour aller voir le blues?


Les deux applications que tu mentionnes permettent maintenant la circulation à grande échelle des informations personnelles reliées ou non au travail des artistes. Il s’agit pour tous d’une adaptation au quotidien dans la recherche d’informations sur une personne. Mais pour le moment je ne perçois pas toute l’efficacité de ces réseaux. Mes implications futures feront peut-être en sorte que j’en apprécierai l’utilisation.

-Comment vois-tu la diffusion du blues dans la région de Québec? ….

Les amateurs sont-ils assez renseignés sur ce qui se passe dans le blues?


J’ai compris rapidement que la dynamique entourant les deux seules stations de Québec à diffuser du blues ressemble quelque peu à celle des grandes radios de réseaux. De ce fait, tenter de faire mieux que son compétiteur assure la clientèle d’un haut niveau de qualité et d’une belle différence dans les choix musicaux offerts en ondes. En ce qui me concerne, j’ai choisi de faire tourner du blues/rock, de vieux classiques tout autant que du rock du sud des États-Unis au travers de blues plus classiques et contemporains.

Cet heureux mélange permet aux auditeurs d’étendre leurs connaissances musicalestout en profitant d’une ambiance agréable et unique aux 10,000 Blues de CKIA-FM 88,3. Je dois souligner que l’émission de 4 heures que je pilote est divisée en deux segments. Le premier est un magazine de 60 minutes où mon co-animateur recrue, Richard Carr met l’accent sur les nouvelles locales et internationales en plus d’entrevues avec des artistes qui marquent la scène blues à travers le monde. Lui qui débute au microphone fait un excellent travail qui contribue efficacement à l’avancement du blues à Québec. Par la suite, j’offre 3 heures de pur délice musical par 6 sessions de 30 minutes presquesans interruption. Ce format adopté depuis mes débuts permet aux auditeurs de relâcher la pression de la semaine. Mon message est unique et très clair : Listen to the blues, and relax!

-Tu t’impliques plus dans le blues à Québec depuis un moment: DJ et présentateur dans les festivals, volet magazine de ton émission, collaborateur à l’événement l’Île en Blues etc. As-tu des projets pour des réalisations futures, comment vois-tu ton évolution dans le blues à Québec?


J’ai effectivement des projets qui se construisent théoriquement avec les expériences que j’acquiers à gauche et à droite à côtoyer les professionnels du milieu. Au moment opportun (qui, dans les faits, est déjà là), j’entrerai sûrement dans la danse pour aider à faire de Québec le berceau du blues dans la province comme la musique progressive et le métal l’est depuis longtemps.
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Alors voilà, nous sommes maintenant un peu plus au fait du parcours de Michel. Pour ce qui est de ses réalisations à venir, il faudra le garder à l’œil pour voir de quoi il est capable. Originaire de Limoilou, Michel Rochette a ses attaches bien ancrées à Québec et la description de ses projets et aspirations montre son intention de continuer à promouvoir le blues dans la région. Ses efforts s’ajoutent à ceux de tous les intervenants qui se sont donné pour mission de garder le blues bien vivant.

17 avril 2009 - Posted by | blues, reportages | , , , ,

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